La Galerie des Glaces - Château de Versailles

Ville: 
Versailles
Pays: 
FRANCE

 

Commandée par Louis XIV à J. Hardouin Mansart son architecte, la Galerie des Glaces du Château de Versailles relie sur une longueur de 73m le salon de la Guerre au salon de la Paix. Sa voûte de 1000m² située à 12m du sol est ornée de peintures où Charles le Brun évoque les évènements les plus importants des dix sept premières années du règne.
Ce chef d’œuvre, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité est traversé chaque année par 4 millions de visiteurs. Jamais effectuée depuis le XVIIème siècle, la restauration complète, a été décidée en 2002.
La galerie éclairée de jour par 17 fenêtres et 357 miroirs utilisait le soir pour les fêtes des lustres et des girandoles équipés de bougies qui scintillaient et se reflétaient dans les glaces.

Frédéric Didier Architecte en Chef des Monuments Historiques chargé de cette restauration a missionné Gérard Foucault* pour définir la mise en lumière et en assurer la mise en œuvre.
Fidèle à ses principes le responsable de Cosil a proposé d’aller à l’essentiel, de permettre la lecture des décors en observant le respect du lieu et des artistes, de prendre le parti de la modestie et de l’humilité en évitant le superflu et la modernité pour elle-même.
La proposition d’apport de lumière artificielle serait de révéler la voûte et les tympans en créant l’impression que les lustres et les girandoles distribuent suffisamment de lumière pour que l’on puisse découvrir les œuvres. Les révéler sans les accentuer; elles se suffisent à elles mêmes, le visiteur trouvera en elles ce qu’il cherche, ce qu’il cherche à voir. Cet apport discret de lumière électrique permettrait une lecture plus fine des détails et des couleurs de la voûte. Répartir une lumière douce, invisible, diffusante qui dissimule les stigmates du vieillissement tels que les bombements et les boursouflures.

Après l’accord de Frédéric Didier, de nombreuses présentations et des essais diurnes et nocturnes ont été présentés au comité scientifique qui a approuvé ce principe d’éclairage.

Pour répondre à la majorité des exigences un projecteur spécifique a été défini puis mis au point. Cet appareil devant être dissimulé dans les corniches a été étudié avec un souci de performances plus techniques que cosmétiques, les obligations de résultat étaient :
 

Pour la conservation :

·        d’affaiblir les dégagements caloriques à la périphérie de l’appareil,

·        de supprimer les U.V. < 400nm,

·        de respecter les éclairements recommandés,

·        de ne pas percer les ouvrages qui reçoivent les appareils d’éclairage.
 

Et pour le rendu :

·        de limiter les écarts de température de couleur,

·        d’éviter les ombres portées par le cordon des lustres,

·        de conserver un réglage définitif des tirs lors d’un relamping,

·        de définir une teinte de finition qui se fusionne avec les fonds,

·        de défiler les lampes pour éviter les luminances primaires et secondaires

·        de restituer par un brouillard de lumière, une unité avec la dorure, les rouges et le lapis lazuli des ciels qui a été redécouvert pendant la restauration.

Tout au long des 3 années d’interventions de restauration et d’essais, les principes d’éclairage ont été simplifiés, épurés. Les toiles peintes de la voûte retrouvant leur éclat d’origine(voir Hercules), le nombre de sources prévues initialement a baissé de 30% soit une consommation < 10W/m². Les feuilles d’or ont réveillé naturellement les cartouches et les trophées ce qui a entraîné l’utilisation d’un seul type d’appareil et d’une seule source pour l’ensemble de la voûte.
Afin d’équilibrer les écarts d’éclairement apporté par la lumière naturelle, de jour,un scénario utilise les lampes installées à 80% de leur valeur initiale et le soir l’intensité tombe à 30%.

Les lustres et les girandoles qui font parti du mobilier du château ont été restaurés et équipés de nouvelles lampes par un spécialiste.